Salam 'alaykom
Un petit bonjour de chez mes parents où j'ai décidé de rester une semaine de plus, à l'appel du soleil enflammé !
J'ai lu les chapitres qui m'intéressaient du livre de Claude Hagège.
Oum Suleyman m'a fait part d'un lien comportant un résumé du livre disponible ici
creo-mp.totenoc.org/hagege-enfant2langues.rtf
Je vais juste vous faire part de ce que j'ai relevé d'intéressant. Ce sujet concerne nombreuses d'entre nous, nous sommes souvent des couples mixtes, enfin parfois du moins, avec un parent
francophone et l'autre arabophone. Nous sommes aussi des francophones désireux d'initier nos enfants à la langue arabe, et nous ne savons pas toujours réellement comment nous y prendre !
L'auteur insiste en effet sur ce qu'il appelle l'oreille avide du nourrisson (je dis bien nourrisson et non pas enfant), qui est à l'affût des sons émis par son entourage. Ainsi, il
explique qu'il ne lui faudra pas plus que quelques années pour se trouver quasiment fermé aux sons étrangers à la langue qui l'a bercé.
Il faut donc, dès le berceau, lui faire entendre la langue que l'on souhaite lui apprendre, surtout avec le cas de l'arabe, qui contient des sons qui ne seront jamais reconnus et
prononcés si l'enfant se cantonne au français.
L'auteur parle donc de ce fameux principe de Ronjat, selon lequel un parent parle une langue, sa langue. Ainsi, la maman francophone ne s'exprimera par exemple qu'en français
tandis que le papa arabophone ne s'exprime qu'en arabe. Et ce, de manière continuelle et définitive. Il ne faut jamais inverser les rôles, donc que la maman francophone ne tente pas de
s'exprimer en arabe avec son enfant car elle court ainsi deux risques; le premier, celui de rompre ce principe et de semer la confusion entre les deux langues, et le deuxième, plus concret,
d'enseigner à son enfant des erreurs en arabe, soit parce qu'elle ne le maîtrise pas parfaitement, soit parce qu'elle ne le prononce pas comme un vrai arabophone.
Voici maintenant quelques phrases, quelques principes qui m’ont plu dans cet ouvrage.
La répétition est une arme contre la difficulté.
Il convient d’immerger l’enfant dans une communication intégrale, dans une véritable relation sociale par le biais de la langue.
Le temps de l’enfant est une immensité ouverte ; celui de l’adulte s’achemine vers la clôture. Mais pour l’enfant autant que l’adulte, le temps est une irréversible coulée.
Ses souvenirs se diluent très vite dès lors qu’aucune sollicitation ne les soutient.
Mobiliser la mémoire de l’apprenant c’est lui permettre d’établir des relations avec ce qu’on lui propose d’apprendre.
La facilité d’apprendre n’a d’égale, chez l’enfant, que celle, toute aussi frappante, d’oublier.
Il n’est pas recommandable de corriger toute déviance dès qu’elle est proférée. La correction par le pédagogue ne doit s’appliquer qu’aux écarts qui sont de sérieux obstacles à la communication.
Si les parents arabophones enseignaient distinctement l’arabe aux enfants, ils y puiseraient une vision claire de l’écart entre deux langues et seraient en état de devenir bilingues.
[là ce sont mes propos :] L’auteur explique qu’à défaut d’une langue des parents (l’arabe) qui s’affirme, il risque d’y avoir une double incompétence, et de s’ensuivre une marginalité, l’enfant étant ainsi exilé de la langue du foyer comme de celle de l’institution scolaire. L’auteur parle ici des familles arabes où l’arabe n’est parlé que par la mère qui ne parle pas le français, mais qui ne lui enseigne pas non plus l’arabe comme langue à part entière. On se retrouve avec un enfant qui fait un mélange d’arabe et de français et qui ne sera ainsi jamais compétent ni en français, ni en arabe.
L’auteur propose donc d’enseigner pour commencer une liste de mots en contexte, car cela permet à la fois d’apprendre du vocabulaire en même temps que la grammaire car les phrases sont l’application des règles de grammaire. Il préconise une immersion de l’enfant dans la langue. Il suggère un échange massif de maîtres à travers l’Europe et que les 2/5ème des matières enseignées à l’école le soit en langue étrangère. Par exemple, un enseignant allemand viendrait enseigner la géographie aux enfants d’une classe française.
Il insiste sur la nécessité d’une continuité, car la propension de l’enfant à oublier ce qu’il a appris est très forte, si les acquis ne sont pas stimulés.
La langue vivante ne doit pas être apprise comme une matière, mais comme un vecteur naturel d’expression.
Au niveau de la correction des erreurs, l’auteur indique qu’il ne faut pas corriger toutes les erreurs des enfants, du moment qu’elles ne sont pas une entorse à la communication. Et si elles le sont, la correction doit se glisser sans être donnée pour ce qu’elle est. Il ne doit pas y avoir de jugements du type « il ne faut pas dire… »
La langue maternelle ne doit pas être évincée de l’apprentissage de la langue vivante, la langue maternelle sera utilisée comme métalangue et il est illusoire de croire que l’on peut enseigner une langue vivante en n’utilisant que cette langue.
L’auteur préconise, pour bien assimiler les accents toniques souvent très différents entre les langues, en utilisant les gestes. Par exemple, en exécutant un mouvement élémentaire (comme lever le bras) à chaque point culminant d’une courbe intonative.
Quelques définitions maintenant :
La diglossie est la présence simultanée, dans certains pays, d’un registre de langue littéraire et d’un registre oral, qui se répartissent selon les fonctions.
L’individu en situation de semi linguisme ne connaît, de chacune des deux langues en cause, que les aspects qui correspondent à ses besoins, selon les circonstances. (donc il ne maîtrise aucune des deux langues de façon parfaite, tout comme certains français nés de mère arabophone en France).
Le plurilinguisme est la coexistence d’une pluralité de langues dans un espace géographique ou politique donné.
Le multilinguisme est la connaissance multiple de langues chez un même individu.
Voilà ce que j’ai retenu de cet ouvrage, que j’ai trouvé fort intéressant.
A bientôt inchaAllah


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